Une trace de la préhistoire à Frangouille ?

Un habitant de Frangouille à retrouvé, dans un tas de pierres d’une maison proche de la fontaine, une pierre aux formes incurvées (peu visibles sur la photo) qui à très probablement servi de meule. M. Gourdiole, membre de la Société Archéologique et Historique des Hauts Cantons (SAHHCH), a confirmé son usage et son origine probablement préhistorique. Le galet, à lui, été retrouvé autour de Boussagues.

Wikipédia: La Préhistoire est la période qui s’étend de l’apparition de l’Homme, il y a 2,8 millions d’années, à l’invention de l’écriture, vers 3300 av. J.-C.
Présence dans la vallée depuis l’Antiquité
Extrait du livre de Jean Tuffou « Veines d’Orb » (2014 Association PARATGECOM): Si l’on fait référence aux travaux du docteur Brunel, on peut dire que la zone comprenant les vallées de l’Orb et de la Mare a été habitée depuis la Haute Antiquité. Mais c’est surtout sous la Gaule indépendante et dès le début de la conquête romaine que les centres d’habitation devinrent plus nombreux et l’occupation plus dense. On peut se demander l’intérêt qui a poussé les Romains à s’installer dans cette région : certainement l’appât des richesses du sous-sol.
Wikipédia: L’Antiquité est une époque de l’histoire qui couvre la période allant de l’invention de l’écriture vers 3300-3200 av. J.-C. jusqu’à la chute de l’empire romain d’occident en 476. Elle couvre l’Europe, l’Asie occidentale et le Nord de l’Afrique.
Une voie romaine passant par Frangouille ?
D’après 2 ouvrages (cités ci-dessous), le chemin de la Croix Blanche, qui débute à l’intersection du chemin de Courtiol et du chemin de Peyrebrune, où il existait une croix blanche qui à aujourd’hui totalement disparue, qui longe le ruisseau de Galinié pour rejoindre l’Aire Raymond, semble avoir été un tronçon d’un voie romaine.
D’après Casimir Fournier, dans son manuscrit « Histoire de la baronnie de Boussagues et des ses environs » (impr. Bernigaud et Privat, 1966), une voie romaine partant de Lodève, ou peut-être de Forum Neronis près de Clermont, passant par Lunas, St Xist, Frangouille, L’Aire Raymond, Boussagues, Clairac, le Pradal et Taussac aurait rejoint une autre voies romaine sur le territoire de Villecelle.
On peut lire dans de l’ouvrage « Boussagues, cité médiévale, son histoire, ses monuments » écrit par « les amis de Boussagues » : « …certains archéologues prétendaient que le chemin existant encore de l’Escandorgue à l’Aire Raymond, passant par Saint Xist, Frangouille et se dirigeant vers les monts l’Espinouse après avoir traversé Boussagues, Le Pradal, Taussac, Villecelle n’était autre qu’un des divers embranchements aboutissant à la voie romaine suivie par les troupes de Jules-César à l’époque de la conquête des Gaules pour se rendre à Lacaune et au pont de Camarès d’où il se répandit ensuite dans tout le Rouergue. Les grandes voies de communication étaient désignées par les romains sous le nom de « Viae militares consulares proe torioe » mais celles qui servaient à relier ces voies principales entre elles où bien entre des localités moins importantes étaient connues sus le nom de « viae vicinales ». Ces dernières ayant beaucoup moins d’importances, n’étaient entretenues que par les peuplades indigènes et n’étaient pas alignées comme les premières ni faites avec le même soin. Elles n’avaient pas, au surplus, la même largeur, et étant moins surveillées, elles étaient de ce fait, exposées à l’usurpation. Voila pourquoi elles sont en parties méconnaissable de nos jours, en quelques endroits à peine accessibles et même tout à fait effacées. ».
Une présence romaine à Frangouille
Frangouille constituait un jalon sur la voie romaine rive droite de l’Orb qui reliait Bédarieux à Joncels par St-Martin, Lunas et Joncels d’un côté, Avène et Ceilhes de l’autre vers l’Aveyron, la Lozère et le Gard.

Mrs. Jean-Claude Bonnet et Robert Gourdiole ont publié un article dans le bulletin de la SAHHCH sur la découverte d’une meule romaine dans le ruisseau de Rigaussel au dessus du Mas Dissol. Photo (a gauche) et texte (ci-dessous) extraits de l’article. Aujourd’hui dans la collection privée d’un habitant de Frangouille.
« C’est en 2001 que Jean-Claude Bonnet a découvert dans le ruisseau de Rigaussel, en amont du Mas Dissol, cette meule de 60cm de diamètre en grès fin. L’article suppose que cette meule provient d’un moulin oléicole. En 1985, Luc Déjean avait trouvé, dans ce même ruisseau, un bloc d’assises de jumelles, pièce caractéristique d’un pressoir antique. Ces pressoirs sont fréquents dans les hauts cantons et on doit sans doute les mettre en relation avec les exploitations minières antiques qui ont débuté au premier siècle avant notre ère ». La meule du Mas Dissol est dite « à sang », tractée par une mule. Elle a pu servir aussi, outre l’usage oléicole au pressurage vinicole ou des minéraux métallifères.

Un autre article de M. Gourdiole signale la découverte de vestiges romains (entre le mas de l’église et le mas de Frangouille) dans son inventaire non publié de 1991, notamment des amphores. Très près du Mas Dissol, en dessous de Frangouille, une importante quantité de tessons d’amphores italiques de type Dressel-1 qui servait à transporter du vin ainsi qu’une monnaie de bronze, appelé As de Nîmes ou Dupondius de Nîmes, datable des premières années de notre ère, y ont été trouvées. Il existait donc un établissement gallo-romain sur le territoire de Frangouille

Lors de la restauration d’un ancien bâtiment situé dans le vieux frangouille, il a été retrouvé, dans un mur, cet objet, qui pourrait être la base d’une amphore en terre cuite.

La maison des Arts de Bédarieux possède des tessons gallo-romains qui pourraient revenir prochainement dans le dépôt de la SAHHCH à Villemagne-l’Argentière, dont les pièces conservées font l’objet d’expositions et d’études permanentes.
Les romains en Occitanie: C’est entre 125 et 118 av. JC. que les Romains s’emparent du sud de la Gaule et fondent leur première colonie à Narbonne, idéalement placée au bord de la Méditerranée, au carrefour des voies reliant l’Italie à l’Espagne et à l’Atlantique, via Toulouse. Pendant des siècles, la « première fille de Rome » va prospérer grâce à sa position de plaque tournante du commerce des produits régionaux et méditerranéens, notamment le vin mais aussi les métaux.
Une présence wisigoths à Frangouille ?

M. Etienne Dumont (SAHHCH) signale que les deux culots anthropomorphes (attribution de caractéristiques du comportement ou de la morphologie humaine à d’autres entités comme des dieux, des animaux, des objets, des phénomènes, des idées et voire à des êtres d’un autre monde le cas échéant) portant le larmier, au départ de l’arc du portail de l’église de Frangouille, sont des remplois, datant probablement d’un premier édifice wisigoth.

Les Wisigoths en Occitanie: Pendant près d’un siècle, de 418 à 507 de notre ère, les Wisigoths occupent le sud-ouest de l’actuelle France, avec l’accord explicite des empereurs romains, incapables de défendre ce vaste territoire qui s’étend de Poitiers à Narbonne et de Bordeaux à Clermont-Ferrand puis atteindra la Provence et l’Espagne. Venus d’Orient, les Wisigoths, guidés par de remarquables rois (Théodoric Ier, Théodoric II, Euric), tout en imitant les institutions romaines ou en les conservant, vont introduire dans cette France méridionale une civilisation dont les singularités religieuses, politiques et sociales, comme le rayonnement de Toulouse, contribuent au premier « âge d’or » de l’Occitanie. Les wisigoths sont restés en biterrois de 418 à 759, cohabitant avec les sarrazins entre 719 et 759 avant l’annexion de Pépin-le-Bref au royaume de France.





















