L’extraction dans le bassin minier de Graissessac au Bousquet d’Orb commence au Moyen-âge, par des exploitations artisanales à ciel ouvert. Les premiers sites exploités par affleurements et répertoriés sur le bassin seront ceux d’Alzou (1302) et de Cap Nègre (1345).

Panneau visible dans le musée « Graissessac autrefois » (plateau Ste Barbe, Graissessac) animé par l’Association « Des Pierres et du Charbon »

Mines souterraines du Cap Nègre
Camp Nègre est une déformation assez récente du nom de Cap Nègre (tête noire). Ainsi appelé car en haut de cette montagne, les couches de charbon, presque verticales, affleuraient le sol dans les châtaigneraies (Bulletin 09-1986 S.A.H.H.C.H.). Les premières traces écrites de l’exploitation du charbon sur Cap Nègre est relaté en 1345.
Toutefois, Louis Fargier, dans son article « La lente et pénible génèse de la Compagnies des quatre mines réunies de Graissessac » paru dans le bulletin n°9 de la Société Archéologique et Historique des Hauts Cantons de l’Hérault » en 1986 écrit: « Mon grand-père maternel, de son vivant maître maçon à la Compagnie des quatre mines réunies de Graissessac au Bousquet d’Orb, m’a souvent raconté que quelques années avant la guerre 1914-1918, des ouvriers mineurs qui menaient l’avancement d’une galerie dans la mine improprement appelée de Camp-Nègre, s’étaient brusquement trouvés devant un ancien chantier d’où avait été retiré le charbon à une date inconnue. Ce chantier, en terme de métier du type « dépilage », était vide d’eau et contenait les restes de deux pelles entièrement en bois et un pic en métal assez tendre qui s’était tordu et émoussé à l’usage … A noter que l’ingénieur Napoléon Gerella, dans son étude du bassin minier de Graissessac en 1838, porte l’indication de travaux d’origine inconnue sous la montagne de Cap Nègre.
En 1789, à la veille de la révolution, un rapport est établit par le baron de Dietrich, il est fort sévère sur les méthodes d’extraction mises en œuvre: « les mines concédées à Mr Giral sont prodigieusement riche; Elles sont connues sous le nom de Graissessac, Camplong et Sénégra selon les lieux où l’on a suivi les travaux. L’exploitation des mines de Graissessac a été la plus suivie par rapport à la qualité du charbon et la proximité de la verrerie. Les travaux n’y ont jamais été suivi en assez grand et comme on s’est toujours borné à plonger dans le filon pour extraire continuellement et sans pertes, on a été interrompu plusieurs fois par les eaux et les éboulements inséparables d’une exploitation qui n’est pas conduite avec intelligence. Les travaux qu’a fait M. Giral à Camplong et Sénégra, etc., sont mieux entendus ». (ADH série C 2704, Brunel J « Le passé de la haute vallée de l’Orb » p 141 n° spécial de 1989 SAHHCH).
« Ces mines, qui pourraient alimenter toute la province fournissent à peine la verrerie d’Hérépian, plusieurs causes me paraissent entretenir cette inaction mais la majeur est le manque de chemin: on est obligé de transporter le charbon à dos d’âne à travers des sentiers impraticables dans un trajet de deux lieues (NDLR, environ 8 km) et le transport à travers ces précipices renchérit le charbon de 10 sols par quintal » (ADH série C 2704, Brunel J « Le passé de la haute vallée de l’Orb » p 141 n° spécial de 1989 SAHHCH)
En 1792, 60 000 quintaux de charbon sont extraits des 3 mines de La Padène, Cazarides et Cap Nègre.
La concession de Boussagues avait pour limite le ruisseau de Rigaussel et l’Orb. Les sites de la rive droite du ruisseau comme celles du Cap Nègre faisait donc parties de la concession de Boussagues. Les mines de Cap Nègre se situent sur l’actuel commune de La Tour sur Orb et de Camplong.
En 1800, réouverture de la mine ancienne du Cap nègre (altitude 520 m). Début 1801, les citoyens Belugon et Salas avaient obtenu une autorisation provisoire d’exploitation sur le revers de la montagne de Cap Nègre, au nord de la crête et au sud du ruisseau. Cette exploitation comportait 3 extractions par tranchée ouverte de faible importance et 2 galeries. L’une avait été tracée sur une longueur de 66 m et avait rencontré une couche de charbon de 1,5 m d’épaisseur, l’autre de 86 m avec une section de 1,5 m de largeur et 1,75m de hauteur.
La mine du Cap Nègre fut abandonnée en 1829 après le déhouillement complet du Grand-Pas.
Les recherches industrielle sur le Cap Nègre d’Alzou (altitude 413 m) reprend en 1870 sur la rive gauche du ruisseau de l’Espaze (Camplong) et sur la rive droite du ruisseau de Rigaussel (Alzou). Dans son rapport du 01 juillet 1875 (Bassin houiller de Graissessac, le Ruffas de Gilbert Crépel, édition CRPR), l’ingénieur des mines M. de Castelnau, indique : »Les travaux de recherche et d’avenir exécutés dans la montagne de Cap Nègre ont conduit à la découverte d’une fort belle couche de charbon de première qualité. La grande galerie de l’Orb est maintenant percée des deux côtés dans le charbon ; ainsi les mines du Bousquet ainsi que celles qui vont s’ouvrir dans la montagne encore presque inexploitée du Cap nègre, pourraient-elles donner lieu, au Bousquet, à un centre de production comparable à celui d’Etréchoux ». En 1877, Cap Nègre, voit l’Installation d’un lavoir sur le terrier de la mine d’Orb.

Le journal « Le patriote Albigeois » du 20 Juin 1895, relate un accident mortel survenu dans la mine de Cap Nègre
Dans l’extrait du rapport et délibération du conseil général de janvier 1898 (disponible sur le site de la BNF Gallica), les ingénieurs décrivent les découvertes qu’ils ont faites sur la formation des différentes couches de charbon autour de Cap Nègre et de Verrière



Le compte rendu du rapport et délibération du conseil général de l’Hérault du 01 janvier 1898 (disponible sur le site de la BNF Gallica), mentionne les travaux d’installation d’une voie ferré à la mine Cap Nègre
Extrait du rapport des ingénieurs des mines au conseil général de janvier 1900 (disponible sur le site de la BNF Gallica). En 1899, les couches Félicie et Zélia de la mine Verrière sont accessible depuis les mines de Cap Nègre. Le dérangement signalé dans ce passage peut faire allusion aux feux qui se sont régulièrement déclenchés dans la mine Verrière.


Liste de galeries exploités dans les mines du Cap Nègre
Cette liste de noms de percements, de plans, de couches exploités dans les différentes galeries des mines du Cap Nègre est non exhaustives, elle est le résultat des recherches faites à l’aide des carnets disponibles aux Archives Départementales de L’Hérault datant en 1884:
Percements: Paul … Couches N°2, Félicie, Zélia … Plans: Lazard, Boudet, Corneilhe, Durails, Théodore, Struzel, Balcot, Michel, Jean, Guillot, Antoine…
Les toisés et les coupes de couche de la mine du Cap Nègre
Les Archives Départementales de l’Hérault conservent une série de toisés de la mine du Cap Nègre de 1925. Ces toisés permettaient aux superviseurs de noter pour les mineurs, le plan ou la couche de charbon dans laquelle ils travaillaient et le salaire de la quinzaine qui leurs était dus.


Extrait d’un carnet des coupes de couche de la mine du Cap Nègre. Couche : dépôt de charbon en banc très net, d’épaisseur variable, et le plus souvent pentu.

Les mines « découvertes »
A partir de 1956, l’exploitation souterraine décline et commence l’exploitation à ciel ouvert. Le principe de la mine appelée “découverte” repose sur la réalisation de fosses ou à flan de colline en gradins. Le travail de mineur change totalement, la mécanique supplée les hommes, la montagne est « saignée » par les pelles mécaniques et des engins puissants poursuivent l’abattage, et l’arrachage du charbon.
Dans les années 60, le bassin de Graissessac fut divisé en cinq quartiers correspondant chacun à un massif montagneux. Ces secteurs furent nommés d’Ouest en Est : Les Salles (non exploité mais reconnu), Rive Droite, Rive Gauche, Cap Nègre et L’Orb.


Sur l’ensemble du bassin, on distingue un total de 29 fosses dont 9 fosses pour le faisceau d’Orb/Alzou: 7 fosses sur Cap Négre et 2 fosses sur Alzou (les fosses d’Alzou sont situées sur le versant Sud-Ouest du mont Sénégra) . La mine décuvcerte de Cap-Nègre se situe sur le territoire de la commune de La Tour sur Orb et de Camplong.
La mine découverte de Cap Nègre








Le charbon extrait de la découverte de Cap Nègre rejoint Camplong par des pistes de montagne, puis est déversé dans le puits Durand. Lequel, équipé d’une trémie souterraine géante et d’un toboggan hélicoïdal charge automatiquement le charbon sur un train de berlines à traction électrique. Le charbon est ensuite acheminé jusqu’au carreau Debay (Bousquet d’Orb) par le GTB 250. A la fin de l’exploitation la fosse de Cap Nègre a laissé un front rocheux d’une hauteur
Les travaux de réaménagement de Cap Nègre et d’Alzou
Après l’arrêt de l’exploitation, les « découvertes » ont fait l’objet de très conséquents travaux de réaménagement, notamment en termes de terrassements, tant du point de vue de la stabilisation des talus, dans la gestion des eaux que dans l’aspect paysager. A la fermeture des mines, les excavations ont été comblées, le paysage remodelé, les terres de couverture remises en places, les herbacées semées et les arbres plantés. A ce jour le site à repris une allure naturelle, même si on devine à certains endroit les marques du passage des engins.


Lors du démantèlement des dernières installations de la mine de Cap Nègre, la clairière d’Alzou servait de base pour les bureaux et les engins.


La tâche blanche a
pratiquement disparu grâce au reboisement artificiel et naturel
Ne pas essayer de pénétrer dans les anciennes mines

ATTENTION … il est toujours dangereux d’essayer de s’aventurer dans les anciennes galeries de mine du secteur. Dans un rapport manuscrit (disponible dans les Archives Départementales de l’Hérault) il est fait mention d’un accident survenu en avril1978 à un homme qui s’était abrité à l’entrée d’une galerie (galerie qui n’était pas encore obstruée par des murs de béton).
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